Notre tribune publiée par CBNews
Par Franck Tupinier, fondateur de MyNtic-PR
Dans l’univers des RP, la question des honoraires demeure souvent opaque. Peu d’agences communiquent ouvertement sur leurs tarifs, mais il est courant de constater que, notamment dans le secteur de la tech, les budgets mensuels se situent entre 2 500 et 5 000 euros, soit de 30 000 à 60 000 euros par an. Après près de vingt ans d’expérience dans le domaine, je reste toujours surpris par ces niveaux de facturation, mais surtout par les résultats qui leur sont associés. À ce niveau d’investissement, on pourrait légitimement s’attendre à des performances exceptionnelles. Pourtant, dans bien des cas, les résultats obtenus demeurent simplement corrects, voire décevants au regard des moyens engagés.
Privilégier l’expertise plutôt que l’apparence
Sur le papier, ces tarifs peuvent sembler justifiés : bureaux prestigieux, équipes dédiées, présentations soignées, outils performants… Toutefois, la réalité est souvent différente. Les missions sont généralement vendues par des profils seniors, mais leur exécution est fréquemment confiée à des consultants juniors, voire à des stagiaires, qui ne disposent pas toujours de l’expérience nécessaire pour atteindre des objectifs ambitieux. L’argument des outils est également régulièrement avancé pour expliquer ces niveaux d’honoraires. Pourtant, il est aujourd’hui possible de s’équiper de solutions performantes pour mener des campagnes de relations presse efficaces sans engager des dépenses excessives. Certaines situations particulières peuvent nécessiter des investissements plus importants, mais elles restent l’exception plutôt que la règle. On pourrait également imaginer que des honoraires élevés s’accompagnent d’engagements forts sur les résultats. Dans la pratique, les agences s’engagent le plus souvent sur les moyens déployés plutôt que sur les performances réellement obtenues.
La valeur ajoutée des RP repose avant tout sur la matière grise
Une fois ces constats établis, il est essentiel de revenir aux fondamentaux. Ce qui fait réellement la différence dans une collaboration RP, ce sont l’expertise, la qualité du conseil et la capacité à transformer une stratégie en actions concrètes et efficaces. La véritable valeur réside dans la réflexion stratégique, la compréhension des enjeux du client, la connaissance des médias et la pertinence des recommandations. C’est cette « matière grise » qui constitue l’actif le plus précieux d’une agence et qui doit être au cœur de la proposition de valeur. Cette approche permet par ailleurs de proposer des tarifs plus raisonnables, en évitant de répercuter sur les clients des coûts de structure qui n’ont pas d’impact direct sur la qualité des résultats.
Ce qui compte vraiment : le retour sur investissement
Au final, les entreprises n’évaluent pas une agence sur le prestige de son adresse ou la qualité de ses présentations, mais sur sa capacité à générer de la visibilité, à renforcer sa notoriété et à produire un retour sur investissement mesurable. Des honoraires plus accessibles permettent également aux entreprises, notamment les plus petites, de consacrer une partie de leur budget à d’autres leviers complémentaires : publicité, marketing digital, événements, création de contenus ou partenariats. Cette diversification contribue souvent à renforcer l’efficacité globale de leur stratégie de communication.
En définitive, un budget élevé ne constitue en aucun cas une garantie de meilleurs résultats. Avant de choisir une agence de relations presse, il est donc essentiel d’évaluer ce qui crée réellement de la valeur : l’expertise, l’engagement, la qualité de l’accompagnement et la capacité à produire et garantir des résultats concrets. Ce sont ces critères qui doivent guider la décision, bien davantage que le montant des honoraires affichés.